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Informatique et télecoms

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Patrick Drahi veut recuperer plus de 10 milliards le réseau mobile Bouygues Telecom

21 Juin 2015 , Rédigé par Informatelecom Publié dans #SFR, #ORANGE, #Bouygues Telecom, #FREE, #ARCEP

Patrick Drahi offre plus de 10 milliards pour s’emparer de Bouygues Telecom

L’insatiable patron de Numéricâble-SFR tente une nouvelle fois de racheter son concurrent. Il doit élaborer une offre très complexe pour obtenir le feu vert de l’Autorité de la concurrence.

Bis repetita. Après plusieurs tentatives, Patrick Drahi se lance à nouveau à l’assaut de Bouygues Telecom. D’après le « JDD », l’insatiable patron de Numéricâble-SFR a carrément proposé à Martin Bouygues plus de 10 milliards d’euros ! Une somme énorme par rapport aux 8 à 8,5 milliards d’euros auxquels Bouygues est évalué par le marché. Quand bien même Martin Bouygues n’a cessé de dire ces derniers mois qu’il ne comptait pas vendre Bouygues Telecom, on peine à croire qu’il puisse refuser ce prix. L’opérateur doit réunir son conseil d’administration mardi pour examiner l’offre.

Pour convaincre le vendeur, Patrick Drahi a tout intérêt à lui apporter un deal ficelé. C’est-à-dire, prenant en compte tout ce que l’Autorité de la concurrence pourrait lui reprocher. En général, quand elle juge qu’un acheteur va devenir trop puissant, elle impose des cessions d’actifs pour préserver une saine concurrence sur un marché donné. Il faut donc envisager toutes les hypothèses pour être sûr d’obtenir le feu vert du gendarme de la concurrence. Celui-ci a déjà eu à examiner l’an dernier le rachat de SFR par Numéricâble. Si cette acquisition devait se doubler d’une autre concentration dans le mobile (SFR et Bouygues, donc), cela accroîtrait les risques anticoncurrentiels. L’hypothèse de rachat a déjà été très fraîchement accueillie par Emmanuel Macron qui a estimé que « la consolidation n’était pas souhaitable » (lire ci-dessous).

Ces dernières semaines, les discussions se sont intensifiées entre SFR, Bouygues et Free pour décider à quelle sauce Bouygues Telecom pourrait être mangé. Le seul acteur en mesure de racheter des actifs aujourd’hui, c’est Free. Pour ce dernier, qui poursuit la construction de son réseau, l’opération tombe à point nommé : le trublion des télécoms pourrait ainsi s’offrir le doublon du réseau Bouygues-SFR, soit une partie des fréquences, des antennes et, aussi, des boutiques de Bouygues Telecom. L’an dernier, lorsque Numéricâble et Bouygues se disputaient le rachat de SFR, Free avait offert 1,8 milliard d’euros pour le réseau et les fréquences de Bouygues Telecom. Cette fois-ci, le prix pourrait être sensiblement supérieur. Pour Patrick Drahi, cela lui permettrait d’alléger sa facture. Et de faire bonne figure devant l’autorité de la concurrence.

Tractations complexes

Reste Orange. Le numéro un du marché n’est pas en première ligne dans les discussions pour l’instant, mais il pourrait avoir une carte à jouer dans un second temps. Dans ce type d’opération, l’acheteur doit généralement s’engager sur le maintien de l’emploi. Difficile cependant, pour Numéricâble-SFR, de conserver tout le monde. Orange pourrait l’aider en reprenant une partie des salariés – l’opérateur a prévu de remplacer un départ sur trois sur les quelque 30.000 salariés qui doivent partir à la retraite d’ici 2020. Mais pas question d’être le dindon de la farce : Orange ne récupérera des salariés que si, parallèlement, il obtient une garantie de reprise d’activité. Cela peut être des boutiques, des clients, etc.

Les tractations devraient donc aller bon train dans les jours à venir. Patrick Drahi n’a pas de temps à perdre. Il veut profiter de la bonne santé des marchés financiers qui fait qu’aujourd’hui il est possible de lever de la dette assez facilement. Qui sait si, dans dix mois, on en sera encore là. De plus, il serait judicieux de se mettre d’accord sur un rachat avant de postuler à l’appel aux candidatures pour des fréquences 4G que va lancer en juillet l’Arcep. Si Bouygues et SFR doivent se marier, cela ne sert à rien qu’ils postulent pour des fréquences chacun de leur côté. Mieux vaut accorder les violons avant.

Drahi veut mettre la main sur le réseau 3G/4G pour combler le sous-investissement depuis des années dans les antennes mobiles de SFR. Cela lui permettra de relancer son business pack entrepreneur qui utilise principalement le réseau mobile.

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L’Arcep veut une loi sur le renseignement plus claire

22 Mars 2015 , Rédigé par Informatelecom Publié dans #ARCEP

 

Le gendarme des télécoms invite le gouvernement à préciser sa copie.

Sur la table du gouvernement, le projet de loi sur le renseignement n’est pas du goût de tous. Après la CNIL qui s’inquiète pour les données personnelles des citoyens français, l’Arcep, le gendarme des télécoms, a publié un avis plutôt critique sur le texte. Saisie le 20 février sur la question, l’Arcep a répondu par écrit le 5 mars au secrétaire général du gouvernement, avant de rendre public aujourd’hui son avis dans son intégralité .

L’Arcep demande d’abord à ce que la mise en œuvre de la surveillance des communications électroniques se fasse « en concertation avec les opérateurs ». Le gendarme des télécoms relève ensuite qu’il pourrait «  être délicat pour les opérateurs de déterminer de manière suffisamment certaine le régime dont relèvent les communications internationales émises ou reçues sur le territoire national ».

Trop de régimes

L’Arcep regrette aussi la « multiplicité » des régimes d’accès administratif aux données de connexion. Aujourd’hui, la justice, mais aussi l’Hadopi, l’Autorité des marchés financiers ou l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information peuvent demander aux opérateurs de leur fournir des données sur les communications électroniques. L’Autorité « invite » donc le gouvernement à « envisager un rapprochement des différents régimes applicables ». Dernière « invitation » de l’Arcep, une indemnisation « rapide et homogène » des surcoûts imposés aux opérateurs par l’Etat. Cela semble évident, mais les opérateurs attendent toujours le remboursement des sommes dépensées pour détecter les auteurs de téléchargements illégaux.

Les représentants du Web et les défenseurs des libertés civiles s’inquiètent particulièrement du dispositif de branchement d’écoute en direct, et de la pose de « boîtes noires » sur les réseaux des opérateurs permettant d’identifier de présumés terroristes, technique qui pourrait obliger à pratiquer une surveillance généralisée. Matignon tente de les rassurer en affirmant que ces mesures seront circonscrites au terrorisme. Le débat devrait continuer jusqu’à l’été, moment où le gouvernement espère un vote parlementaire.


 
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