Patrick Drahi l’assure : "Il ne faut pas diriger par la crainte ou la menace, mais par l'amour." Le 12 novembre 2017, il déclarait ainsi sa flamme à un parterre de 250 cadres de SFR, réunis au siège social de Saint-Denis, pour une séance de questions-réponses. La séquence a aussi été diffusée en vidéo aux 10.000 employés de l’opérateur par intranet, ainsi qu’aux vendeurs en boutique. Bien sûr, le P-DG a parlé du réseau fibré ou du service clients, mais tous ses auditeurs ont été frappés par ce passage, un brin paternaliste. "Il nous a dit qu’il nous aimait tous !", résume un syndicaliste. Un coup de foudre soudain : l’homme d’affaires n’avait ces trois dernières années guère pris le temps de rencontrer ses salariés. Il fallait bien que Patrick Drahi sorte le grand jeu pour tenter de les rassurer.

L’annonce des mauvais résultats de SFR, début novembre, a fait plonger l’action de sa maison mère Altice de 60% en un mois. Un krach que rien ne semblait pouvoir inverser, ni le renvoi du patron opérationnel, Michel Combes, ni les promesses de stopper les acquisitions à crédit qui ont permis à Patrick Drahi de construire son empire. Ni encore le mea culpa du milliardaire devant des analystes, admettant que l’opérateur ne réglait pas assez bien "tous les petits problèmes" des abonnés. Echaudés par les hausses de prix et la mauvaise qualité de service, les clients de SFR ont fui en masse : environ 3 millions sont partis en trois ans, fixe et mobile confondus.

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